Quand les nouvelles technologies bouleversent le management

Le web 2.0 a déjà pris une place importante dans la communication des sociétés, mais son usage réclame une adaptation des méthodes de travail, car la hiérarchie en entreprise est encore construite sur un modèle pyramidal, alors que le web 2.0 est construit sur un principe collaboratif.

Sachant que son usage se répand à toutes les sphères de l’entreprise, qu’il est l’outil privilégié dans la communication interne comme externe, mais qu’il nécessite un abaissement des barrières hiérarchiques pour être exploité correctement, les managers perdent progressivement le contrôle de l’information autant que leur pouvoir hégémonique sur leur collaborateur.

Les réseaux sociaux au cœur du changement

Ils sont la démonstration de cette perte de contrôle, car les échanges sur les plateformes sociales exigent de la réactivité et de la spontanéité. Impossible dans ces conditions, d’exercer un contrôle régulier sur les propos tenus par les personnes qui sont en contact direct avec les internautes.

Pourtant, la socialisation sur internet est devenue un pilier pour la notoriété des entreprises. La gestion des réseaux sociaux devrait donc être confiée à des responsables de haut niveau, alors que ce n’est souvent pas le cas.

Pour accomplir toutes leurs besognes, les managers sont obligés de faire confiance à leurs subordonnées et de leur donner des missions à forte responsabilité sur le plan de la communication.

Ce qui rééquilibre les rapports d’autorité, puisque le manager n’a plus le contrôle sur toutes les tâches et qu’il doit même s’en remettre à l’expertise de ses équipes pour prendre des décisions.

Le travail à la vitesse de la pensée

Les réseaux sociaux démontrent bien l’impact des nouvelles technologies sur les méthodes de travail et sur les rapports manager/subordonnées, mais ils ne justifient pas à eux seuls des changements d’envergure dans d’autres départements que celui de la communication.

Si les nouvelles technologies bouleversent le management, c’est avant tout parce que le web 2.0 permet des échanges instantanés et des prises de décisions très rapides.

Ce sont ces facteurs qui influencent les modes de travail, car dans les modèles actuels, les responsabilités sont très segmentées, ce qui ralentit tous les processus et empêche les entreprises de s’adapter rapidement à l’environnement technologique.

Sachant que l’économie digitale occupe désormais une place prépondérante dans l’économie traditionnelle, les entreprises seront inévitablement amenées à accroitre leur capacité d’adaptation pour exploiter tout le potentiel des outils du web 2.0 et pour pouvoir suivre le rythme du numérique.

La communication n’est pas le seul département concerné. Tôt ou tard, les rapports hiérarchiques se rééquilibreront au niveau de chaque métier et les méthodes managériales seront davantage orientées vers la collaboration.

Éric Verhaeghe, ancien président de l’Apec, ne démord en tout cas pas de ce point de vu. Ce spécialiste des questions RH est persuadé que les nouvelles technologies bouleverseront les modèles hiérarchiques en entreprises et donc les managers.

Quels changements ?

Selon Éric Verhaeghe, le web 2.0 atténuera les barrières hiérarchiques. Les décisions ne dépendront donc plus d’une seule personne, elles se prendront dans la concertation entre managers et salariés. Ce qui favorisera le développement de l’intelligence collective en entreprise.

Le travail procédurier tel qu’on le connait aujourd’hui devrait donc laisser place à des organisations plus flexibles, basées sur une meilleure répartition des responsabilités.

Évidemment, certains managers lutteront pour conserver leur pouvoir, mais avec l’augmentation de la part de jeunes Y dans l’entreprise, les mentalités sont vouées à évoluer rapidement. Ce qui contraindra naturellement les supérieurs hiérarchiques à repenser leurs méthodes de management.

Conclusion

Les nouvelles technologies bouleversent déjà les méthodes managériales dans les départements communication, mais toutes les branches de l’entreprise seront probablement affectées dans un avenir proche.

Un changement de mentalité s’impose donc déjà pour qu’une transition des modèles hiérarchiques puisse s’opérer sans accros.

La génération Y occupant une place de plus en plus importante dans l’entreprise, nul doute que le bouleversement de l’ordre hiérarchique se produise rapidement.