Comment sécuriser son voyage en voilier ? Réponses de Yannick Dacheville

Un voilier est un bateau composé d’un gréement et d’un mât où se trouvent des voiles en tissu. L’embarcation avance grâce à la force du vent. Il peut être monocoque s’il est constitué d’une coque ou multicoques, s’il est doté de plusieurs coques. Les multicoques présentent généralement des performances, un confort, une élégance et une stabilité hors-norme.

A part les différentes techniques de voiles, il faut aussi maitriser l’utilisation des matériels nécessaires à bord pour un voyage en sécurité. Quels sont ces matériels ? Yannick Dacheville répond à la question.

La liste des effets à emporter avec Yannick Dacheville

La navigation en voilier nécessite une préparation minutieuse, car le périple s’étale souvent sur plusieurs jours ou semaines. Il faut donc tenir compte de la météo même si elle peut changer d’une minute à l’autre, il faut aussi maitriser d’autres facteurs environnants. L’équipage doit comprendre que « tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera nécessairement mal » (la loi Murphy).

Un voyage en voilier ne s’improvise pas, il est préparé sur plusieurs jours et fait appel à un certain nombre de matériaux pour assurer la sécurité de l’équipage et des passagers. Les différents équipements dépendent du type de bateau, de la zone de navigation et de la durée du voyage.

Le chef de bord est la personne chargée de s’occuper du matériel de sécurité à bord d’un voilier comme le gilet autogonflant avec une recharge de gaz, c’est un élément très important et pourtant peu encombrant, très pratique, agréable et léger.

Découvrez les avis de Yannick Dacheville sur Voldenfarm

Il est important de bien préparer son voyage nautique et de connaitre les choses essentielles à ne pas oublier. Pour des croisières en août sur la Méditerranée, il faut juste un maillot, de la crème solaire et des lunettes protectrices, mais les conditions météorologiques ne sont pas identiques partout, alors il faut adapter son équipement en fonction du périple à faire.

Le choix des chaussures est le premier point à voir, car il faut des chaussures qui sèchent vite. A bannir donc les chaussures trop épaisses ou trop fermées.

La tenue de croisière est toute aussi importante, car il faut emporter des vêtements qui ne craignent ni l’humidité ni le sel, sans oublier les poches en plastique étanche pour ranger quelques affaires.

Il faut donc un pantalon de pont confortable et souple (jogging, pantalon en toile, etc.), un short, un pull, une veste imperméable, une tenue multi-usage, un t-shirt à manche courte en coton etc.

Il est important de prévoir aussi un sac de voyage souple et étanche avec de grandes pochettes imperméables pour ranger les affaires, de la crème solaire, du stick à lèvres, des lunettes de soleil à cordon et des casquettes pour se protéger du soleil, une lampe de poche ou frontale, une pharmacie personnelle et un téléphone portable pour assurer sa propre sécurité sans un chargeur de portable, un sac de couchage, des draps et des sacs, de préférence en plastique.

Il ne faut pas oublier la veste de quart et les bottes de navigation à mettre lors des navigations de nuit, les gants de navigation pour préserver les mains, les gants de jardinage pour manipuler l’ancre et la chaine, le chargeur solaire et le livre de bord qui est obligatoire et doit être rempli tous les jours. En effet, il fait partie des premiers documents saisis et consultés en cas de gros problème. Il est nécessaire de vérifier leur présence avant d’embarquer selon Yannick Dacheville.

Il est aussi important d’emporter avec soi du matériel de bricolage : scotch américain, super-Glue, WD 40, garcette de 3 ou 4 mm, etc. et de hisser le fanion du pays visité.

D’autres accessoires présentent des caractères indispensables et se classent en 3 catégories : pour la sécurité à bord, pour la vie à bord et pour les loisirs.

La sécurité est très importante au cours des voyages en mer, c’est pourquoi l’utilisation d’un VHF portable, doté de son chargeur, est indispensable et très utile, car il aide à communiquer à la barre avec les autres membres d’équipage et pour informer son entrée dans les différents ports. Le Certificat Restreint de Radiotéléphoniste (CRR) est conseillé pour apprendre à utiliser le VHF pour toutes les informations en rapport avec les messages de détresse et de sécurité.

Voir le parcours de Yannick Dacheville ici

On distingue donc le VHF fixe qui est doté d’une puissance de 25 Watts pour une portée de 15 à 20 milles de bateau à bateau et de 30 à 40 milles vers une station côtière, Il est utile pour émettre et recevoir des appels tout en choisissant leur nature.

Le VHF portable est utilisé en phase finale de sauvetage et surtout d’abandon de navire car il est mobile et de possède une grande capacité d’autonomie.

Se protéger contre les feux

Il faut aussi se protéger des incendies avec des matériaux de sécurité dont les plus indispensables sont les extincteurs à eau, à poudre, à gaz ou à mousse. Yannick Dacheville présente les différentes catégories.

Les extincteurs à eau (pour les feux de classe A et B) contiennent des additifs émulseurs pour rendre l’eau plus efficace dans la lutte contre les flammes.

Les extincteurs à poudre (pour les feux de classe C, de classe A et de classe B) contiennent des produits chimiques, qui aident à étouffer les flammes en isolant le combustible. Ils sont plus rapides et plus efficaces contre les feux de gaz de grande intensité.

Les extincteurs à gaz (pour les feux de classe B et E) permettent d’étouffer le feu grâce au gaz qu’il contient en baissant le taux d’oxygène dans l’air.

Les extincteurs à mousse (pour les feux de classe B ou A, lorsque la mousse est mélangée à l’eau) isolent les combustibles de l’air et retiennent les vapeurs inflammables.

Le canif est un matériel multifonctionnel important qui est d’un grand secours pour faire quelques bricolages, découper les aliments ou même se débarrasser de certains éléments accrochés à l’hélice du bateau.

Les matériels de flottabilité

L’équipement individuel de flottabilité ou de flottaison est un matériel qui permet à une personne de ne pas couler en cas de chute dans l’eau. Il facilite également le retour d’une personne qui a perdu connaissance à bord du navire.

Son acquisition est basée sur 3 principes. Le premier est la protection qui consiste à remonter une personne inconsciente et à la placer de sorte que ses voies respiratoires soient hors de l’eau. Le second est le repérage, il facilite la localisation d’une personne qui se trouve dans l’eau grâce à des lampes de détresse, des sifflets et des bandes réfléchissantes. Le dernier est le secours pour assurer le repêchage manuel ou la montée mécanique de la personne qui se trouve dans l’eau.

Le niveau de performance de l’équipement est exprimé en newton et c’est au chef de bord de s’assurer que le dispositif correspond à la morphologie de chaque passager. L’aide à la flottabilité utilise 50 Newtons et est généralement utilisé dans les eaux calmes où les secours sont à proximité. Il assure uniquement la flottaison d’une personne consciente et ne sert que pour une navigation jusqu’à 2 milles d’un abri.

Le gilet de sauvetage utilise 100 Newtons et correspond aux navigations allant jusqu’à 6 milles d’un abri, explique Yannick Dacheville (lire les autres articles ici). Le port de vêtements légers est primordial pour son efficacité. Il utilise aussi 150 Newtons pour assurer le retournement sur le dos d’une personne inanimée.

Les navigations en haute mer ont besoin de 275 Newtons en gilet de sauvetage, dans des conditions extrêmes, car celui-ci assure le retournement sur le dos d’une personne inconsciente.

La combinaison de protection permet de protéger le torse, l’abdomen et peut remplacer l’EIF. Sa flottabilité doit ainsi être positive jusqu’à 2 milles d’un abri et de 50 newtons pour des navigations allant jusqu’à 6 milles.

Les différents équipements de flottabilité sont des éléments indispensables à vérifier avant d’embarquer pour une quelconque croisière à voile. Il s’agit entre autres des aides à la flottaison qui nécessitent divers mouvements de la part de la personne pour mettre sa tête hors de l’eau et des gilets de sauvetage qui assurent une position sur le dos avec la tête hors de l’eau.

Les autres outils nécessaires

D’autres matériaux sont également indispensables pour se repérer ou repérer son équipage. Il s’agit d’outils lumineux comme la lampe frontale qui éclaire un point précis, la lampe flash qui s’allume automatiquement au contact de l’eau salée, la lampe torche certifiée étanche à l’immersion et équipée de LED, d’interrupteur magnétique, de torche et de flash de détresse. Le dernier type est le cyalume, utile la nuit pour éclairer sans éblouir.

Le prochain point est la vie à bord et nécessite l’utilisation de différents objets, tels que les lampes de cockpit (certains bateaux n’ont pas d’éclairage de cockpit), les pinces à linge car il en manque toujours à bord, les torchons de vaisselle, les couteaux à poisson, à filet et les aiguisoirs pour les amateurs de pêche.

Yannick Dacheville conseille fortement d’emmener une boîte à pharmacie pour les maux de mer et les piqures de moustiques. Il faut donc prévoir des antalgiques, des anti-inflammatoires et tout autre médicament pour soigner les différents malaises.

Les bracelets d’acupression sont utilisés comme anti-mal de mer avec de la Cocculine (remède homéopathique). On doit aussi avoir des médicaments à base d’antihistaminiques, même s’ils donnent souvent envie de dormir à la personne qui les consomment, et des médicaments à base d’anti cholinergiques. Il faut toutefois consulter un médecin avant tout achat de médicaments.

Les variations de tension de courant sont fréquentes en mer, alors il est indispensable d’avoir recours aux chargeurs 12V allume-cigare (1 ou 2 de bonne qualité).

Le dernier point désigne les équipements de loisirs, tels que les PMT (Palmes, Masques, Tubas) pour protéger les pieds des ampoules qui cicatrisent difficilement lorsqu’elles sont en contact avec l’eau de mer. Il faut aussi prévoir des chaussettes de palmes d’une pointure supérieure à la pointure habituelle.

Le matériel de pêche peut aussi être embarqué à bord du voilier (baudrier de pêche, porte-canne, canne de traîne, etc.) pour la pêche de bonnîtes, de thons, de dorades coryphènes, etc.

La bouée de sauvetage avec feu de retournement est très utile si quelqu’un tombe à l’eau. Le support dame de nage est utilisé lorsque la voile devient faible, il sonne ainsi l’alarme et le temps de la godille. Le miroir de signalisation est utilisé pour envoyer des signaux lumineux aux autres bateaux. L’anémomètre à main est utile pour les personnes souhaitant savoir avec exactitude la force du vent. La planchette japonaise est un matériel indispensable pour pêcher à la traine.

Il faut également se munir du règlement pour prévenir les abordages en mer, des livres des feux et de l’annuaire des marées des régions de navigation pour la connaitre la priorité à l’abordage d’un navire. La carte SHOM de la région de navigation, des paires de jumelles, 1 jeu de 3 feux rouges automatiques à main pour se signaler en mer sont également utiles.

Yannick Dacheville donne d’autres éléments à prévoir pour être encore plus à l’aise durant la croisière :

  • Un chapeau pour se protéger du soleil
  • Un coupe-vent de type K-way, un blouson ou un pull à mettre dessous
  • Une paire de chaussures usagées de type tennis pour se déplacer sur le voilier pendant la navigation, sous peine de déraper ou de se casser un doigt de pieds, en heurtant une partie métallique
  • Une seconde paire de chaussure de type identique, pour « sortir en ville ». il faut proscrire les semelles dures, à talons, noires ou avec des fers, car elles abîment la surface du pont
  • Une crème solaire sur une gamme allant de la protection intégrale pour le début du voyage, à la protection 3 à 5 pour la fin, selon la nature de sa peau (4 à 5 tubes)
  • Deux draps de bain et une serviette de toilette
  • Pour la navigation de nuit, il faut prévoir 2 petites laines (sweat-shirt ou survêtement). Il faut toujours penser à avoir une de rechange lorsque l’autre est mouillée
  • Prévoir un ciré léger et une paire de lunette de soleil